le voyage en cargo


Après un petit arrêt à Paris, direction Le Havre, pour embarquer sur le cargo Homere, qui appartient a la CMA CGM. On arrive le 20 mai, à 18h, juste l´heure du repas!! Du coup, l´accueil est un peu bizzare, en fait il n´y en a pas du tout... Mais ca va se détendre un peu plus tard.
Notre bateau est donc un gros cargo de 176m de long, avec des containers à l´avant et à l´arrière. Il peut en transporter 1000 si on a bien compris, mais lá, il n´est pas chargé à bloc, juste 500 et quelques. Sachant qu´un container peut contenir 34 tonnes, je vous laisse faire le calcul.
A bord, l´équipage est composé de 23 personnes: 7 croates et 16 philippins, les responsabilités sont partagées entre les deux nationalités: le capitaine, le chef et le second sont croates, l´administrateur et le 3ème sont philipins, le chef des machines croate,... mais les croates ont quand même de bonnes places. A table, les nationalités sont chacune de leur côté, et nous... on mange tous seuls, á côté des croates. Pas trop d´échanges avec eux à part bonjour et bon apétit, à part un, on visite le bateau tout seuls comme des grands, personne ne nous guide.
Notre bateau quitte le port du Havre le 21 mai à 17h, et voilà c´est enfn parti pour la grande traversée.
Les trois premiers jours, l´air est assez frais, on traîne pas trop dehors, ca caille, et le samedi, la mer est agitée, bonjour le mal de mer. On était tout content les deux premiers jours, genre, ouais ça va en fait le mal de mer. Bon, le troisième, on faisait moins les malins. On passe ces trois jours entre notre piaule, une jolie cabine avec petit salon, la salle des passagers avec table de jeu, chaîne hifi et téloche, et la salle du repas. On lit beaucoup, on dort, on mange.
En parlant repas, on mange comme des goinfres, les assiettes sont gras remplies, au début on est content, on trouve ca bon, mais au bout d´un moment, on déchante: friture une fois par jour, viande à presque tous les repas. On a jamais mangé autant de viande en 10 jours sur l´Atlantique ! Bon 10 jours ca va, mais plus, ça aurait été tendu. En tout cas, on profite et on prend des kilos...
Alors que la mer était somme toute agitée, dimanche matin, elle est d´huile. C´est vraiment trop beau. Et tout a coup, comme par magie, l´air se transforme en douceur chaude. On vient de dépasser les Acores et on sent que les antilles approchent!!! Des ribambelles de poissons volants, du plus petit au plus gros, suivent le bateau et on ne se lasse pas de les observer. De temps en temps, on voit des oiseaux sortis d´on ne sait où. On apercoit des voiliers (mais pas trop, ya pas trop de vent), d´autres cargos, et même un ´trackers´ de 300 m de long qui transporte du pétrôle. Comme Moby Dick fait partie de nos lecture, on observe d´autant plus l´horizon, mais pas de "souffle" en vue. Merci aux conseillers littéraires pour ce bouquin!!!
A partir de ce moment, on passe plus de temps dehors, entre l´avant du bateau où il règne un calme absolu, pas un bruit si ce n´est celui de la mer, la petite piscine ( et oui il y en a une une minus, genre deux brasse et t´es au bout), et le pont de navigation, tout là haut, où on discute avec les membres de l´équipage qui s´y trouvent, surveillant l´évolution du cargo, on observe avec les jumelles du chef l´horizon.
On discute surtout avec le "Chieff", croate de Split, qui a bien voyagé. Il connaît bien Sainté à cause du foot et de cette année 1975 fatale pour eux (les aficionados comprendront, hein les stéphanois!).
On échange aussi avec le 3ème, philipins, bien sympa. On apprend ainsi que l´équipage à bord y est pour 6 mois d´affilé, après, ils peuvent rentrer chez eux voir la famille et repartir. Alejandro ( et oui, une bonne partie des philipins à bord ont des noms españols, colonisation oblige) par exemple navigue depuis 1994, il a une famille, un enfant de 4 ans, et passe la plupart de son temps sur la mer, mais comme ca, il peut gagner de l´argent et envoyer lá bas. C´est la marine marchande quoi.
Le 29, on fait escale pour la journée sur l´île de Saint Martin, côté hollandais, on dirait la Costa Brava, c´est pas joli joli. C´est l´occasion pour nous de voir le pilote à l´oeuvre, guidant le capitaine pour se "garer". C´est très minutieux, genre "trois degrés à gauche... ok, 5 à droite,...
C´est aussi l´occasion de descendre à terre, de se baigner un coup. Sur l´île, il y a 2000 touristes, passagers d´un bateau de croisière. Le bord de mer est alors bien agité de toutes parts. On peut acheter des diamants, de l´or, de l´électronique,... ya pleins de bars, de restos... Et puis tout a coup, à 17h, le bateau de croisière s´en va, et sa sirène d´au revoir sonne le glas de la frénésie commerciale. Quartier mort jusqu´au prochain bateau (en plus c´est pas la saison touristique). Par contre, deux rues plus loin, la vie continue, et on rencontre les habitants de l´île. Bon on est restés qu´un après midi alors pas de généralités sur l´île. En tout cas, on est curieux de voir à quoi ressemble le côté francais.
Voilà, on repart le lendemain matin très tôt, et un jour plus tard, on débarque sur l´île de Trinidad. Aux alentours du chenal, avant d´arriver au port, il y a pas mal de bateaux coincés là et pour le coup abandonnés. Ca fait une drôle d´mpression!!!
Fin de la traversée qui a été bien calme et reposante ( ceci dit on était pas fatigués!!).













arrivée à Trinidad, ambiance !